Blogue interactif pour le cours HST3571, "L'économie politique de la Chine moderne," donné à la session d'automne 2012 à l'Université de Montréal. Le plan de cours se trouve à http://sites.google.com/site/3571ownby/
jeudi 25 octobre 2012
Le Confucianisme en tant que connaissance
Texte de Gabrielle Renault
Xiangjun Li, Xin Yan. A Recontruction of Contemporary Confucianism as a Form of Knowledge. In: Frontiers of Philosophy in China, Vol. 1, No. 4 (Dec., 2006), pp. 561-571
Li XiangJun est un ressortissant de l’université de Beijing qui consacre sa carrière à l’étude du confucianisme, et en particulier à ses implications dans la réalité moderne. Dans son texte A Reconstruction of Contemporary Confucianism as a Form of Knowledge, l’auteur tente de redéfinir ce qu’est le concept du confucianisme en tant que connaissance et propose des solutions afin de permettre à ce concept de se ré-enraciner dans la culture chinoise actuelle.
Le confucianisme constituait autrefois le cœur de l’apprentissage dans la culture chinoise traditionnelle, et bien qu’il fut remplacé par le système d’éducation à l’occidentale en tant que méthode d’enseignement, il conserve aujourd’hui une certaine influence dans les domaines touchant aux aspects spirituels de la vie, comme la religion et la vertu. Les « Cinq Classiques » du confucianisme (le ciel, la terre, le roi, la famille, le professeur), constituaient les cinq notions qui régulaient l’harmonie dans l’univers et plus précisément dans le monde humain. Les néo-confucéens des dynasties ultérieures reprirent ces notions et leur ajoutèrent des idées bouddhistes et daoïstes, afin de faire du confucianisme comme savoir une discipline qui engloberait et influencerait aussi des sciences naturelles comme la médecine, l’astrologie et l’agriculture. L’étude du confucianisme traditionnel par les néo-confucéens permit également de grandes avancées dans des domaines tels que la philologie, la phonologie, la critique de texte, etc. En rappelant que le Confucianisme a su changer et s’adapter aux mœurs de la société au fil du temps, l’auteur cherche à démontrer que le confucianisme pourrait réintégrer la société moderne et le système académique.
The East Asian Challenge to Human Rights
Texte par Catherine Gauthier
Daniel A. Bell. «The East Asian Challenge to Human Rights: Reflections
on an East West Dialogue », Human Rights Quarterly, Vol. 18, No. 3 (Aug.,
1996), pp. 641-667
Professeur
d’éthique et de philosophie politique ainsi que directeur du Centre de
Philosophie Politique Internationale et Comparée à l’Université Tsinghua à
Pékin, le montréalais d’origine Daniel A. Bell se décrit comme étant un
spécialiste philosophe confucéen. Le diplômé de McGill et Oxford présente dans The East Asian Challenge to Human
Rights : Reflections on an East West Dialogue une réflexion sur les
droits de l’homme en y comparant la perception occidentale à celle de l’Asie de
l’Est, comme le titre l’indique. L’auteur explique son point de vue sur les
approches Asie-Occident des droits de l’homme à l’aide de trois arguments :
(1) certaines situations justifient la violation d’un droit en particulier afin
de pallier à un problème économique, politique ou culturel ; (2) les traditions
de l’Asie de l’Est et de l’Occident sont différentes, mais la vision
‘internationale’ reconnue des droits de l’homme tient majoritairement compte de
la tradition libérale occidentale; (3) les traditions et la culture est-asiatique
étant différentes, les droits de l’homme tel qu’ils sont reconnus en Occident
peuvent être perçus comme des violations des droits dans la mentalité
asiatique, et vice-versa.
Lectures pour la semaine prochaine
Vanie-Eve, “Regimenting the Public Mind: The Modernization of Propaganda in the PRC.”
Vanie-Eve, Johnston, "Chinese Middle-Class Attitudes toward International Affairs."
David BG, Benoît Vermander, « A quoi sert le Parti communiste chinois? »
Grégoire, Benoît Vermander, « A quoi sert le Parti communiste chinois? »
Ambre, Tu, « Intellectual Effervescene in China »
Jérémie, Barmé « To Screw Foreigners is Patriotic »
Trinh, Ye Ming "L'essor des grandes puissances: un documentaire-fleuve à la télévision chinoise"
Ambre, Tu "Intellectual Effervescence in China"
Mélissande, "Traditional Confucians in Modern China"
Jonathan, "La télévision chinoise"
Catherine, Johnston, "Chinese Middle-Class Attitudes toward International Affairs."
Thierry, "Anshen liming: The Religious Dimensions of Confucianism"
Adrien, "Shanghai Culture Lost"
Pascale, "Kang Xiaoguang: Confucian Future"
Alexandre, Vermander, « A quoi sert le Parti communiste chinois? »
David I., Vandermeesch, "Le monde vu de Chine"
L’essor des grandes puissances
Par Fabrice Tô
Ye Ming, “L’essor des grandes
puissances: un documentaire-fleuve à la télévision
chinoise. » Herodote 2007/2.
L’auteur,
Ye Ming, est un docteur en géopolitique à l’université Paris-VIII qui a fait sa
thèse de doctorat sur la question du nationalisme chinois.
Ye
Ming va s’intéresser à un documentaire mis en ondes par une chaîne d’État
chinoise. Ce documentaire diffusé en douze épisodes tente d’exposer
chronologiquement les principaux facteurs qui ont favorisés l’ascension des
neuf puissances depuis le XVe siècle : le Portugal, l’Espagne, la Hollande, le
Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Japon, la Russie et les États-Unis. Ce
documentaire, extrêmement populaire en Chine, va décrire l’ascension de
certains comme le résultat des efforts de chefs politiques ambitieux et opportunistes, tandis que d’autres vont
profiter de l’essor économique de leur pays pour asseoir leur puissance.
Toujours selon l’auteur, le documentaire décrit la prochaine puissance comme
une nation forte ayant un rôle important
sur le plan international, impliquée dans la créativité technologique et
l’innovation politique.
mardi 23 octobre 2012
Redéfinir la démocratie et les droits de l’Homme ?
Texte de Grégoire Chevillat
Wang Alex, “Redéfinir la démocratie et les droits de l'Homme ?”, in Revue internationale et stratégique, 2011/1 n°81, pp. 95-102.
Alex Wang est docteur en philosophie et professeur invité à la Berkeley Boalt Law School. Il a exercé la profession d'avocat pendant de nombreuses années pour Natural Resources Defense Council – un lobby environnementaliste – à Pékin. Il a travaillé à renforcer la mise en oeuvre de lois et de politiques publiques en Chine en matière de protection de l'environnement. Il a aussi étudié le rôle de l'opinion publique dans l'application de ces politiques. Pour autant, l'article qu'il nous propose ici n'est pas en rapport direct avec la question environnementale en Chine.
Alex Wang débute son article par une mise au point en direction de son lecteur : il entend parler de la Chine et de son gouvernement de manière neutre, sans à priori. Il ne s'agit pas pour lui de s'inscrire dans la lignée de la critique récurrente adressée par les Occidentaux au gouvernement chinois : le caractère non-démocratique du régime.
The East Asian Challenge to Human Rights
Texte de Pascale Couturier
Daniel A. Bell, «The East Asian Challenge to Human Rights : Reflections on an East West Dialogue», Human Rights Quaterly, The Johns Hopkins University Press, vol. 18, no. 3 (Août 1996), pages 641-667.
Daniel A. Bell est professeur à l’université Tsinghua à Beijing où il enseigne des cours d’éthique et de philosophie politique. Il est aussi le directeur du «Center for International and Comparative Political Philosophy » à cette même université. Par ailleurs, il enseigne des cours d’art et d’humanité à l’université Jiaotong de Shanghai. Originaire de Montréal, Bell fit ses études à McGill et Oxford et contribua à des études sur les valeurs humaines et les sciences comportementales à Princeton et Stanford.
L’article de Bell tente de dévoiler le point de vue et les critiques est-asiatiques vis-à-vis l’approche occidentale des droits de l’homme qui se veut universelle. À l’aide de plusieurs exemples, notes de bas de page et références à des conférences sur le sujet, Bell démontre en quoi les droits de l’homme sont en constante évolution et pourquoi l’Occident devrait s’ouvrir à une contribution positive de l’Asie de l’est à ce processus plutôt que de tenter de la réfuter. Ainsi, l’objectif serait d’obtenir une tolérance et un respect des différentes cultures dans l’élaboration des droits de l’homme et dans leur application.
lundi 22 octobre 2012
Whatever happened to “Asian Values?”
Texte de Zhen Xia Xing
Mark R. Thompson, «Whatever happened to “Asian Values?” », Journal of Democracy Volume 12, Number 4, October 2001.
Mark R. Thompson est un professeur de science politique à l’Université de Erlangan-Nuremberg et un professeur invité à l’Université de Californie-Berkeley. Ses publications et écrits se concentrent surtout sur la dictature et la démocratie en Asie et en Europe de l’est.
L’article de Mark Thompson concerne la justification de l’utilisation des « valeurs asiatiques » par les régimes autoritaires de l’Asie au lieu d’établir une démocratie. Les valeurs asiatiques promeuvent le labeur, la discipline, la frugalité et le travail d’équipe. Les leaders de pays asiatiques ont donc privilégié la discipline avant la démocratie.
Les succès économique dans les années 80 pouvaient justifier en partie l’usage des « valeurs asiatiques ». Cependant, la crise économique asiatique de 1997-1998 remettra en question le rejet de la démocratie, surtout par les pays occidentaux. Suite à cette crise économique, il y a un débat sur le rôle de ces valeurs. Les pays asiatiques non-démocratique justifiaient leur statut grâce aux développements économique résultant de l’application de ces valeurs. Avec cette crise, les « valeurs asiatiques » ont perdu de leur prestige. Des pays comme l’Indonésie et la Birmanie connaîtront des bouleversements majeurs. D’autres pays comme Singapour et la Malaisie s’en tire mieux.
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