Blogue interactif pour le cours HST3571, "L'économie politique de la Chine moderne," donné à la session d'automne 2012 à l'Université de Montréal. Le plan de cours se trouve à http://sites.google.com/site/3571ownby/
mardi 4 décembre 2012
Géographie des lieux d'accès à Internet
Géographie des lieux d'accès à internet. les conditions de l'accès public et les modèles d'usages dans les grandes villes de Chine
Texte d’Alexandre Ferland
Puel Gilles, « Géographie des lieux d'accès à Internet. Les conditions de l'accès public et les modèles d'usages dans les grandes villes de Chine », L'Espace géographique, 2009/1 Vol. 38, p. 17-29.
Gilles Puel est maître de conférence HDR (habilitation à diriger des recherches) en géographie et aménagement à l’Université de Toulouse 2 – Le Mirail. De plus, il est chercheur pour le Laboratoire d'Études et de Recherches sur l'Économie, les Politiques et les Systèmes Sociaux (LEREPS). Ses recherches portent sur les relations entre la filière technologies de l'information et de la communication et le développement durable, la question des mobilités et des services géolocalisés dans l’espace urbain, le développement des téléservices à la « campagne » et les interactions entre les dispositifs sociotechniques et le développement des métropoles. Ses travaux visent les grandes métropoles chinoises ainsi que les villes et l’urbanisation des campagnes européennes. Le texte de Puel analysé dans ce billet a pour sujet les cybercafés en Chine.
lundi 3 décembre 2012
Blogging alone: China, the Internet, and the Democratic Illusion?
Blogging alone: China, the Internet, and the Democratic Illusion?
Par David Bilodeau Gonthier
James Leibold, titulaire d’un doctorat en histoire chinoise, est un maitre de conférences à la « Faculty of Humanities and Social Sciences » de l’université La Trobe en Australie, ainsi qu’un historien politique de la Chine moderne. M. Leibold se spécialise notamment sur le rôle que joue l’ethnicité, la race, et l’identité nationale dans la société chinoise contemporaine. Dans son article paru dans la revue « The Journal of Asian Studies », il cherche à démontrer l’influence de la blogosphère chinoise sur la vie sociale et politique de la société en analysant les comportements et les habitudes des internautes chinois.
Pour réaliser son étude, l’auteur a analysé des sondages sur les habitudes d’utilisation d’Internet, des recherches comparatives, et sa propre expérience avec l’Internet chinois. Il en vient à la conclusion que l’utilisation massive de blogues en Chine ne permettra pas nécessairement de révolutionner drastiquement le pays, car ces blogues, plutôt que de pousser vers une libéralisation du régime, servent surtout au divertissement et produisent de la désinformation.
M. Leibold ne nie pas le fait que l’Internet a potentiellement le pouvoir de mener à une révolution. Toutefois, il s’est rendu compte que la majorité des Chinois utilisaient le cyber-espace pour des activités ludiques, que ce soit pour télécharger de la musique, jouer à de jeux vidéos, chercher des informations sur ses vedettes préférées, ou tenir un blogue. Il caractérise d’ailleurs ce dernier d’infotainment, un lieu où l’on donne de l’information, souvent inutile d’après l’auteur, dans l’unique but de [se] divertir. M. Leibold admet néanmoins que certains blogues peuvent avoir leur utilité dans le développement de la société chinoise, et que plusieurs discussions portent effectivement sur des questions d’ordre politiques ou sociales, ou critiquent le parti. Mais ces blogues sont rares et sont la plupart du temps noyés dans une marée de divertissement. L’auteur croit ainsi qu’Internet, au lieu de donner du pouvoir au peuple, tend à renforcer le pouvoir gouvernement qui profite alors d’une population qui se dépolitise.
Par David Bilodeau Gonthier
James Leibold, titulaire d’un doctorat en histoire chinoise, est un maitre de conférences à la « Faculty of Humanities and Social Sciences » de l’université La Trobe en Australie, ainsi qu’un historien politique de la Chine moderne. M. Leibold se spécialise notamment sur le rôle que joue l’ethnicité, la race, et l’identité nationale dans la société chinoise contemporaine. Dans son article paru dans la revue « The Journal of Asian Studies », il cherche à démontrer l’influence de la blogosphère chinoise sur la vie sociale et politique de la société en analysant les comportements et les habitudes des internautes chinois.
Pour réaliser son étude, l’auteur a analysé des sondages sur les habitudes d’utilisation d’Internet, des recherches comparatives, et sa propre expérience avec l’Internet chinois. Il en vient à la conclusion que l’utilisation massive de blogues en Chine ne permettra pas nécessairement de révolutionner drastiquement le pays, car ces blogues, plutôt que de pousser vers une libéralisation du régime, servent surtout au divertissement et produisent de la désinformation.
M. Leibold ne nie pas le fait que l’Internet a potentiellement le pouvoir de mener à une révolution. Toutefois, il s’est rendu compte que la majorité des Chinois utilisaient le cyber-espace pour des activités ludiques, que ce soit pour télécharger de la musique, jouer à de jeux vidéos, chercher des informations sur ses vedettes préférées, ou tenir un blogue. Il caractérise d’ailleurs ce dernier d’infotainment, un lieu où l’on donne de l’information, souvent inutile d’après l’auteur, dans l’unique but de [se] divertir. M. Leibold admet néanmoins que certains blogues peuvent avoir leur utilité dans le développement de la société chinoise, et que plusieurs discussions portent effectivement sur des questions d’ordre politiques ou sociales, ou critiquent le parti. Mais ces blogues sont rares et sont la plupart du temps noyés dans une marée de divertissement. L’auteur croit ainsi qu’Internet, au lieu de donner du pouvoir au peuple, tend à renforcer le pouvoir gouvernement qui profite alors d’une population qui se dépolitise.
The Power of the Internet in China
The Power of the Internet in China: Looking Beyond People’s Power
Texte de Grégoire Chevillat
Morozov, Evgeny, « The Power of the Internet in China : Looking Beyond People’s Power », Asia Policy, n°10, 2010, pp. 171-175.
Evgeny Morozov est un chercheur biélorusse, il est spécialiste de l’impact social et politique des nouvelles technologies. Il contribue régulièrement au magazine américain Foreign Policy pour lequel il tient un blog intitulé Net effect. Son ouvrage phare, The Net Delusion : the Dark Side of Internet Freedom, est paru en 2011 et s’inscrit dans la lignée du présent article.
L’auteur commence à présenter la thèse d’un autre chercheur, Guobin Yang, pour ensuite mieux montrer en quoi cette thèse est erronée selon lui et nous apporter sa vision du rôle d’Internet en Chine. Guobin Yang est professeur à l’Université de Pennsylvanie et la thèse dont il est question dans l’article de Evgeny Morozov est issue de son dernier ouvrage : The Power of the Internet in China : Citizen Activism Online.
Pour Yang le plus grand avantage d’Internet en Chine est le fait qu’il crée un semblant de monde démocratique virtuel et qu’à terme, ce monde virtuel deviendra réalité et s’imposera de fait en Chine. En effet, grâce à l’activisme contestataire qu’il génère, Internet pousserait petit à petit la Chine vers la démocratie.
Texte de Grégoire Chevillat
Morozov, Evgeny, « The Power of the Internet in China : Looking Beyond People’s Power », Asia Policy, n°10, 2010, pp. 171-175.
Evgeny Morozov est un chercheur biélorusse, il est spécialiste de l’impact social et politique des nouvelles technologies. Il contribue régulièrement au magazine américain Foreign Policy pour lequel il tient un blog intitulé Net effect. Son ouvrage phare, The Net Delusion : the Dark Side of Internet Freedom, est paru en 2011 et s’inscrit dans la lignée du présent article.
L’auteur commence à présenter la thèse d’un autre chercheur, Guobin Yang, pour ensuite mieux montrer en quoi cette thèse est erronée selon lui et nous apporter sa vision du rôle d’Internet en Chine. Guobin Yang est professeur à l’Université de Pennsylvanie et la thèse dont il est question dans l’article de Evgeny Morozov est issue de son dernier ouvrage : The Power of the Internet in China : Citizen Activism Online.
Pour Yang le plus grand avantage d’Internet en Chine est le fait qu’il crée un semblant de monde démocratique virtuel et qu’à terme, ce monde virtuel deviendra réalité et s’imposera de fait en Chine. En effet, grâce à l’activisme contestataire qu’il génère, Internet pousserait petit à petit la Chine vers la démocratie.
More than a category : Han supremacism on the Internet.
Billet par Marc-André Pagé
More than a category : Han supremacism on the Internet.
James Leibold. The China Quarterly, 203, septembre 2010. P. 539-559
James Leibold possède un doctorat en histoire de la Chine. Son expertise est l’étude du rôle que l’identité nationale, la race et l’ethnicité ont joué dans l’histoire de la Chine. Il a écrit trois livres et au moins sept articles sur la Chine. Son dernier livre porte sur les frontières et les limites de l’identité chinoise moderne. L’auteur se fie à des recherches et de sa propre expérience pour communiquer ses arguments.
More than a category : Han supremacism on the Internet.
James Leibold. The China Quarterly, 203, septembre 2010. P. 539-559
James Leibold possède un doctorat en histoire de la Chine. Son expertise est l’étude du rôle que l’identité nationale, la race et l’ethnicité ont joué dans l’histoire de la Chine. Il a écrit trois livres et au moins sept articles sur la Chine. Son dernier livre porte sur les frontières et les limites de l’identité chinoise moderne. L’auteur se fie à des recherches et de sa propre expérience pour communiquer ses arguments.
Le thème de l’auteur est le nationalisme chinois. Il nous démontre à quel point les idées sur le thème se radicalisent avec l’Internet. Son texte débute avec un type qui, en public, gifle l’auteur d’un livre sur l’apport de la dynastie Qing dans l’histoire chinoise. Son geste fut publiquement décrié par les intellectuels, mais nous apprenons que sur Internet et sur des blogues, le geste est applaudi et que des fonds ont même été ramassés pour venir en aide à l’agresseur. Les internautes ont par la suite décrié la politique officielle du PCC sur le multiculturalisme chinois. Selon ces radicaux, les « Han » (l’ethnie majoritaire) sont discriminés et désavantagés par rapport aux autres minorités du pays. Selon ces internautes, les politiques du multiculturalisme sont revenues hanter le pays au complet et ils font porter le chapeau au PCC pour les évènements violents avec les Tibétains et les Ouighours. De plus, les disparités économiques entre les Han et les minorités se sont accentuées et non diminués.
Sms, Communication, And Citizenship in China’s Information Society
Texte de Raymond Léa
Sms, Communication, And Citizenship in China’s Information Society
Kevin Latham (2007): Sms, Communication, And Citizenship in China’s Information Society, Critical Asian Studies, 39:2, 295-314
Je n’ai malheureusement pas trouvé d’information sur l’auteur.
Ce texte se concentre sur les relations entre les média chinois, le pouvoir, les subjectivités politiques et la citoyenneté via le SMS (Short Messaging Service) diffusé en Chine. En effet, le SMS constitue une importante nouvelle façon de communiquer en Chine. Il est d’ailleurs largement plus utilisé que l’internet et ce, par une plus grande population. Tout d’abord, l’auteur se questionne l’impact qu’on les sms en Chine sur les relations de la société.
En 2003, le nombre de sms a plus que doublé à 220 bilions, et ainsi le nombre n’a cessé de grandir d’année en année. Le sms a aussi transformé les interactions quotidiennes et même les célébrations traditionnelles. Par exemple, au cours de la semaine du jour du nouvel an chinois en 2005, plus de 11 billions de sms sont envoyés en Chine. En effet, la fête du nouvel an est devenu un point culminant dans le calendrier des sms, au moins 100 millions de chinois s’envoient des sms de souhait. D’ailleurs, comme la population chinoise communique de plus en plus avec leurs mobiles, le sms leurs a aussi donné une nouvelle façon de se tenir à jour de l’actualité, des nouvelles financières, des sports, des divertissements et bien d’autre genre d’information. Latham démontre alors un sondage effectué par le People Daily, en avril 2004 sur le service des sms. 45.9% ont répondu pour qu’ils utilisent le sms pour de nouvelles dispositions, 30.7% pour des informations pratiques, 28.3% pour des salutations ou des souhaits, 28% pour les photos, images et les sonneries, 27.2% pour des plaisanterie, 17.3% pour du divertissement et 9.2% pour du bavardage. Cependant, le sondage a trouvé une nette tendance à l’écart des nouvelles traditionnelles, du service d’information vers le divertissement et les interactions sociales.
Kevin Latham (2007): Sms, Communication, And Citizenship in China’s Information Society, Critical Asian Studies, 39:2, 295-314
Je n’ai malheureusement pas trouvé d’information sur l’auteur.
Ce texte se concentre sur les relations entre les média chinois, le pouvoir, les subjectivités politiques et la citoyenneté via le SMS (Short Messaging Service) diffusé en Chine. En effet, le SMS constitue une importante nouvelle façon de communiquer en Chine. Il est d’ailleurs largement plus utilisé que l’internet et ce, par une plus grande population. Tout d’abord, l’auteur se questionne l’impact qu’on les sms en Chine sur les relations de la société.
En 2003, le nombre de sms a plus que doublé à 220 bilions, et ainsi le nombre n’a cessé de grandir d’année en année. Le sms a aussi transformé les interactions quotidiennes et même les célébrations traditionnelles. Par exemple, au cours de la semaine du jour du nouvel an chinois en 2005, plus de 11 billions de sms sont envoyés en Chine. En effet, la fête du nouvel an est devenu un point culminant dans le calendrier des sms, au moins 100 millions de chinois s’envoient des sms de souhait. D’ailleurs, comme la population chinoise communique de plus en plus avec leurs mobiles, le sms leurs a aussi donné une nouvelle façon de se tenir à jour de l’actualité, des nouvelles financières, des sports, des divertissements et bien d’autre genre d’information. Latham démontre alors un sondage effectué par le People Daily, en avril 2004 sur le service des sms. 45.9% ont répondu pour qu’ils utilisent le sms pour de nouvelles dispositions, 30.7% pour des informations pratiques, 28.3% pour des salutations ou des souhaits, 28% pour les photos, images et les sonneries, 27.2% pour des plaisanterie, 17.3% pour du divertissement et 9.2% pour du bavardage. Cependant, le sondage a trouvé une nette tendance à l’écart des nouvelles traditionnelles, du service d’information vers le divertissement et les interactions sociales.
Moral et affaires en Chine : un mariage difficile
Moral et affaires en Chine : un mariage difficile
Par David Imbeault
Analyse du texte «Dann, G. Elijah and Neil Haddow. “Just Doing Business or Doing Just Business: Google, Microsoft, Yahoo! And the Business of Censoring China's Internet.” Journal of Business Ethics, Vol. 79, No. 3 (May, 2008), pp. 219-234»
Les deux auteurs de cet article travaillent tout les deux dans le domaine de la philosophie. Au moment de rédiger l’article, Neil Haddow finissait un Ph.D. à l’université de Waterloo et se spécialisait à la philosophie morale et politique. G. Elijah Dann a étudié en théologie et a obtenue un Ph.D. de l’université de Waterloo en philosophie. L’article se situe précisément dans le champ de recherche de Neil Haddow puisqu’il y est presqu’exclusivement question de moral et de politique.
Les deux auteurs cherchent, dans l’article, à déterminer si les compagnies qui ont travaillés de concert avec le gouvernement chinois pour limiter le droit à l’information de la population chinoise ont moralement quelque chose à se reprocher et si oui, ce qu’elles auraient pu ou pourraient faire pour tenter de faire des affaires avec le gouvernement chinois tout en restant morales. Pour ce faire, les auteurs se basent avant tout sur des livres concernant le lien entre la moralité en elle-même et son lien avec les affaires. Ils font aussi appel à des ouvrages faisant le portrait de la Chine moderne et à des articles qui traite de la question de l’engagement des compagnies étrangères dans le système de censure de la Chine.
Blogging Alone : China, the Internet, and the Democratic Illusion?
Texte de Arnaud CHEN YUAN CHI AH LONE
Blogging Alone : China, the Internet, and the Democratic
Illusion?
JAMES
LEIBOLD
The Journal of Asian Studies page 1 of 19, 2011.
The
Association for Asian Studies, Inc., 2011 à
James Leibold
est un historien politique de la Chine moderne avec une spécialisation dans
l'ethnicité et l'identité nationale dans l'histoire moderne de la Chine. Ses
projets de recherche actuels comprennent une analyse critique de la catégorie
des « Han » dans la Chine moderne, il analyse le cyber nationalisme « Han »,
et l’exploration de la façon dont l'Internet chinois influence le remodelage
politique de l'identité, de la pratique et du discours dans la société chinoise
contemporaine. Il est actuellement le coordonnateur du programme d'études
asiatiques à La Trobe (Melbourne, Australie) et enseignants sur l'histoire et
la politique contemporaine de la Chine moderne.
L’article de James Leibold
cherche à démontrer que se passe-t-il une fois les limites de l’état franchi
(ou contourner). Il cherche à observer ces nouveaux espaces sociaux et ces flux d’informations dans la vie public et
privée de la Chine contemporaine. Il étudie le comportement et l’opinion de
l’internaute chinois. Selon Daniel Drezner et Henry Farrell (l’un est un
professeur en politique international et l’autre est un politologue) et leur
définition du terme « blog », le blog représente le moyen le plus
répandu et le plus dynamique pour communiquer sur internet. Pour les
internautes chinois, le blog permet de participer à des débats (ou des
discussions) au niveau national ou simplement se cantonner dans leur petit
« monde » à eux. Les internautes qui souhaitent participer à ces
pseudo- débats nationaux visitent les blogs, ces blogs constituent le meilleur
moyen de présenter un sujet (ou débat), de promouvoir une ouverture politique,
de lutter contre l’idéologie du parti (PCC) et de s’opposer (ou s’affirmer)
face à cette autorité dominante. Le prix Pulitzer Nicholas Kristof déclare en
2006 qu’ « un simple blogue peut démarrer un feu de prairie »
qu’avec par la « liberté d’expression » dans la blogosphère chinoise,
il est possible de menacer l’autorité du PCC. Bien qu’internet puisse servir
d’outil à une amélioration de la société chinoise, l’internet reste un
instrument neutre et socialement malléable.
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